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Le Comité de soutien dagovéranien à Ségolène Royal la candidate du Parti Socialiste et de la Gauche Rassemblée(PRG-MRC)

Alexis GIRSZONAS(Président du Comité de Soutien dagovéranien à Ségolène Royal)

Michel BUSSENAULT(Conseiller Municipal-Président du groupe des élus Ville d'Avray Alternative)

Caroline GAUVAIN(Conseillère Municipale-groupe Ville d'Avray Alternative)


Alain DESMERGERS(Conseiller Municipal-groupe Ville d'Avray Alternative)

Patrick MAIRE DU POSET

Cette liste est actuellement en cours d'élaboration.

Lu/vu dans la presse et sur internet

Lundi 5 février 2007 1 05 /02 /2007 20:47
Le quotidien Libération consacre dans son édition d'aujourd'hui un important dossier concernant les Débats Participatifs organisés depuis plus de deux mois et demi à travers toute la France. A une semaine de la présentation de son projet le 11 Février,  ce dossier est l'occasion de faire le point sur ce qui s'est passé en région et sur les préoccupations des citoyens.
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L'usine à idées qui produit le projet Royal Par Haydée SABERAN, Mourad GUICHARD paru dans Libération du lundi 5 Février 2007.

Ségolène Royal a ouvert les vannes il y a deux mois et demi pour inciter militants et sympathisants socialistes à s'exprimer. La candidate socialiste rendra compte de cette première phase dite d'écoute de sa campagne, dimanche. En attendant, du nord au sud et d'est en ouest, les fédérations départementales du Parti socialiste ont rassemblé leurs adhérents ce week-end pour dresser un premier bilan de ces «débats participatifs». Et recenser la somme des attentes et des espoirs, des colères et des impatiences qui se sont fait entendre. Reportages.

Des éléphants à Courrières 

Ils avaient dit : pas de tribune, personne sur scène, «pour pas faire politburo». Alors, juste un pupitre, au ras des spectateurs, samedi matin, dans la salle de cinéma municipale de Courrières, près de Lens (Pas-de-Calais). C'est «restitution de débats participatifs» pour les secrétaires de section chargés de transmettre les résultats des débats aux militants. Et Pierre Mauroy qui s'avance. «Ici, il y a cent ans, 1 099 mineurs mourraient dans la plus effroyable catastrophe de l'histoire mondiale du charbon», «inscrite au plus profond de nos valeurs», alors «nous seuls pouvons citer Jean Jaurès et Léon Blum». Ça, c'était pour le style statue du commandeur. Pierre Mauroy sourit, étend les bras : «On se met au style participatif. C'est vrai que ça n'excite pas toujours les passions, mais ce n'est pas le but, on est dans une phase d'écoute. Voilâ, quoâ...» Dans la région, ce fut «une centaine de débats», et «50 % des participants n'étaient pas des camarades». Il reconnaît une «petite révolution dans les méthodes, qui bouscule nos habitudes». Sourit encore : «J'évite les grandes envolées, je reste raisonnable, je me mets au niveau du participatif.» 

Dans la salle, Martine Aubry n'est pas là, Daniel Percheron, président de région, non plus. Au pupitre, une impression : les jeunes secrétaires de section, plutôt des femmes, essaient de transmettre la parole des gens. Les élus du Pas-de-Calais, eux, racontent leur vie. Des ronds, des maigres, des grands secs, des larges, sûrs d'eux comme des caricatures de Daumier. Ils parlent sans note. Albert Facon ­ député de Metaleurop, Sublistatic, Samsonite ­ s'agite contre les patrons-voyous : «Les cadeaux, les cadeaux, aux chefs d'entreprise, les parachutes dorés ! Et les gens n'ont plus rien, ils sont à la rue avec trois gosses, et ils vont voir le maire ! Des subventions, d'accord, mais pour ceux qui investissent.» Dominique Dupilet explique les inégalités entre territoires, du haut de son regard de président du conseil général. «L'allocation personnalisée d'autonomie est moins prise en charge par l'Etat entre 65 et 75 ans. Or, ici, les gens ont exercé des métiers plus durs et en ont besoin plus tôt. Nos contribuables paient donc pour cette inégalité. Dans les Hauts-de-Seine, ils n'ont pas ce problème.» 

Jean-Pierre Kucheida, maire de Liévin, tonne sur le logement. Pas de trace du débat participatif, mais il a son opinion d'élu. Les raisons de la pénurie : «Nos jeunes quittent le foyer plus vite, à cause des mésententes», les divorces augmentent, les vieux meurent plus tard, et puis «avant, un logement minier de quatre pièces pouvait contenir 10 à 12 personnes, essayez de proposer ça aujourd'hui, vous verrez comment vous serez reçu !» Donc, «un embouteillage effroyable». Il reconnaît qu' «on construit beaucoup de logements, mais pour une clientèle qui peut payer plus de 500 euros par mois. Dans les foyers modestes de Liévin, on est incapable d'assumer». Il râle contre les «majors du bâtiment qui ont tué les PME». Leurs prix «sans arrêt à la hausse», qui ont «un impact sur les loyers». Contre les charges qui dépassent les loyers, il prône le «photovoltaïque» pour éclairer les parties communes.

Contre l'insécurité et la violence, une secrétaire de section lilloise, plus calme, propose «des lieux de ressource aux parents pour retrouver l'estime de soi» et «des élus qui soient davantage à l'écoute de la population et des jeunes». Elle souhaite «redonner des moyens à la prévention spécialisée», «accentuer la lutte contre le chômage», «réinstaurer la police de proximité», accompagner vraiment les sortants de prison, et respecter la loi des 9 m2 par détenu et par cellule.

Sur la vie chère, un porte-parole d'Arras propose de limiter dans toutes les entreprises les écarts de salaires de 1 à 20. Pour lutter contre le surendettement, il veut qu'on engage la responsabilité des sociétés de crédit. Sur l'environnement, un militant du Pas-de-Calais propose de baisser le prix du péage à ceux qui pratiquent le covoiturage. A l'approche de midi, la salle se vide par paquets. Pierre Mauroy est resté jusqu'au bout.

Ça foisonne à Tours 

Curieux concept que celui développé samedi après-midi par la fédération PS d'Indre-et-Loire. En lieu et place d'une rencontre censée faire le point sur les propositions nées des centaines de contributions recueillies au cours des débats participatifs locaux, ce fut un «bilan d'étape... participatif». 

15 heures, mairie de quartier des Fontaines de Tours. Une petite poignée de militants occupe la centaine de sièges. Jean-Patrick Gille, premier secrétaire fédéral, ne cache pas son appréhension : «J'ai eu un coup de chaud ce matin en me rappelant qu'il y avait un match de rugby cet après-midi.» Une demi-heure après, la salle affiche complet, la vidéo retransmet sur écran géant l'appel de Bondy, le discours de Ségolène Royal sur l' «ordre juste», fin mai. Aude, de la section de Vouvray, se lance : «Hier soir, nous avons eu un débat sur l'éducation. Il y avait des enseignants, des employeurs et des agriculteurs. Nous avons retenu, entre autres propositions, que les professeurs effectuent des stages en entreprise.» La salle acquiesce. La discipline est rude. Un Monsieur Loyal veille au temps de parole : «Pas plus d'une minute, faites court.» 

Jean-Marie, lui, regrette que les enseignants n'aient pas été plus nombreux aux réunions : «Face à la fracture scolaire, ne faut-il pas reconsidérer la pertinence des zones d'éducation prioritaire ? Doit-on organiser la détection des difficultés chez les jeunes enfants ?» Un autre militant contre-attaque : «Pourquoi mettre l'apprentissage à 14 ans ? Je suis totalement contre !» 

Derrière les rapporteurs ­ élus et candidats aux prochaines élections locales ­, il y a quatre dossiers. Un par thème développé lors des trente débats participatifs organisés sur le département. On peut y lire les propositions brutes des participants : «nécessité absolue qu'un chômeur qui retrouve un emploi perçoive plus que ses indemnités de chômage et conserve ses avantages pendant quatre mois» ; «construction de logements sociaux à loyers vraiment modérés qui ne dépassent pas un quart des ressources» ; «transport gratuit pour les chômeurs pendant les heures ouvrables» ; «indice Insee établi en collaboration avec les associations de consommateurs» ; «rétablissement de la vignette pour les grosses cylindrées et les 4 x 4» ; «chambres individuelles dans les foyers d'hébergement pour les SDF» ; «faire accepter la discipline dans la famille et la société en donnant des cours d'humanisme» ; «réprimer plus durement les petits délits qui pourrissent la vie de tous les jours» ; «création d'un observatoire des violences faites aux gays» ; «faire en sorte que l'on mange bien à des prix abordables» ; «développer la reconnaissance des médecines dites douces»Jérôme, 52 ans, chef de cuisine et nouvel adhérent du PS, regarde cette démarche avec intérêt : «Tout le monde n'a pas une idée géniale, mais au moins le parti devient autre chose qu'un regroupement de colleurs d'affiches.» 

Si chaque thème est présenté distinctement, les participants, qui ne se privent pas pour commenter la synthèse, passent allégrement d'un sujet à l'autre. Isabelle, de la section d'Amboise s'en explique: «Lorsque l'on parle d'isolation des logements, on parle économie d'énergie et donc combat contre la vie chère.» Jean-Patrick Gille renchérit : «Les thèmes sont cloisonnés pour des raisons pratiques. Mais, concrètement, ça déborde et c'est tant mieux comme ça.» 

Vers 17 h 30, Monsieur Loyal annonce la fin des travaux : «Je pense qu'on va clore le débat.» Jacques, secrétaire de section, s'insurge : «Non, le débat n'est pas clos !» 

 

Les blogueurs se font voir rue de Solférino : le Parti Socialiste a invité samedi des contributeurs du site desirsdavenir.org. Par Ludovic BLECHER paru dans Libération du lundi 5 Février 2007

Ambiance site de rencontre, samedi, au siège du Parti socialiste. «Alors, on s'appelle par nos pseudos ou par nos prénoms ?» interroge un visiteur venu assister à la «République des blogs» version Solférino un an après la mise en ligne de Desirsdavenir.org, la plateforme de lancement de la candidate Royal. A la veille de la dernière ligne droite avant remise des copies, les responsables de la net-stratégie socialiste ont voulu donner de la chair à la campagne participative en ligne en invitant les 20 contributeurs les plus en vue des forums et débats organisés sur le site.

«Pépites». Rien de très surprenant dans ce panel constitué à majorité de professeurs et, à une exception près, de sympathisants (généralement encartés), si ce n'est la présence d'un Belge qui ne prendra pas part au scrutin présidentiel... Face à eux, quelques représentants des 70 «mods» (modérateurs-synthétiseurs), des militants bénévoles qui, selon Ségolène Royal, venue assister à la confrontation, ont su identifier «les grandes tendances sans édulcorer les pépites» parmi les 130 000 contributions postées sur le site par environ 55 000 contributeurs au total.

Premier à prendre la parole, Chris, l'homme aux 2 000 messages. Enseignant dans un collège rural, il se félicite de cette «inversion du débat avec des citoyens qui sont au centre de la piste alors que Ségolène Royal reste à côté pour écouter». C'est justement ce qui a motivé Sophinette : «Moi qui ne pèse rien, qui ne sait rien, on va m'écouter quand même.» Un modérateur explique : «Les témoignages, les petites expériences de chacun, ce n'est pas seulement le Café du commerce. Quand on les compile, c'est aussi de la politique.» Ségolène Royal loue cette «intelligence collective», ce «potentiel humain [qui] me porte et élève ma propre exigence».  «Certains disent que je perds mon temps, je crois au contraire que c'est du temps gagné», tranche la candidate, qui puisera largement dans les contributions dans sa «prise de parole du 11 février». 

Sur Desirsdavenir.org, parmi la vingtaine de synthèses déjà en ligne (il y en aura 50 avant la fin de la semaine), quatre d'entre elles donnent un aperçu du programme de la candidate. Portant sur l'école, la prison et la justice, le téléchargement ou le travail, elles sont en effet accompagnées d'un texte intitulé «Ce que je retiens... par Ségolène Royal» (1).

«Engouement». L'organisation de cette phase ultime de la rencontre en ligne ­ le rendez-vous dans la vraie vie ­ avait aussi pour objectif de montrer que, derrière les 50 000 contributeurs du site, il y avait bien des vrais gens et non une armée de «technos» cachés derrière leur ordinateur. «Certains se sont posé des questions sur le fonctionnement de la machine participative en ligne, reconnaît Benoît Thieulin responsable de la webcampagne royaliste. On a donc voulu soulever le capot d'un système qui ne vise pas à la représentativité mais à la diversité. Même si les ragots qui circulent parfois sur l'Internet ont un peu occulté les questions de fond, l'engouement pour ces forums participatifs est assez unique.» Selon lui, les 2 000 contributions reçues chaque jour ces dernières semaines constituent la meilleure preuve de la vivacité d'un débat citoyen dont les thèmes les plus populaires ont été «l'économie et le travail» (8 600 contributions) et la place de «la France dans le monde» (6 000 contributions).

(1) www.desirsdavenir.org

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A Savoir :

3 900 débats participatifs ont été organisés par les sections du PS et les comités locaux de Désirs d'avenir. La synthèse des synthèses effectuées ce week-end dans toute la France fera l'objet d'une «restitution» nationale, dimanche 11 février.

«La vie chère»
a été le thème le plus abordé. Il a représenté 24 % des débats, suivi par «développement durable» (22 %), «éducation» (14 %) et «emploi» (11 %). Les autres thèmes abordés étaient : «lutte contre les violences», «sécurité», «culture», «santé»... 

Le site Desirsdavenir.org
a accueilli 2 millions de visiteurs depuis février 2006. Les 50 débats couvrant les principales thématiques de la campagne ont été alimentés par 130 000 contributions.
«Ségolène Royal a voulu avoir un temps pour le débat, de discussion avec les Français, je crois qu'elle a eu raison.»
François Hollande, premier secrétaire du PS, hier à Créteil (Val-de-Marne).
«Mettre les Français au coeur du projet socialiste. Il ne faut pas avoir peur des idées neuves. Pour agir juste, il faut écouter. Débattre pour construire, ensemble, les réformes que nous ferons demain.»

D'autres articles publiés dans le journal Libération en suivant sans plus attendre ces liens

-L'éditorial de Renaud Dély : Antiélites.


-
Loïc Blondiaux, chercheur, analyse l'irruption de la démocratie participative :«En France, la tradition politique fustige le leader qui suit l'opinion».

-La candidate fait étape dans la campagne.

 

 

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Mardi 13 février 2007 2 13 /02 /2007 16:26
A lire aujourd'hui dans Libération différentes analyses d'économistes au sujet du financement des mesures annoncées dimanche à Villepinte par Ségolène Royal. On le voit bien, le projet de Ségolène Royal est plus que jamais crédible parce que raisonnable. Estimées entre 30 et 50 milliards d'Euros  le financement des mesures voulues par Ségolène Royal est donc clair car de nombreux éléments de réponses apparaissent dans le projet législatif du Parti Socialiste.

Sans plus atendre voici un petit florilège qui n'attend plus que vos commentaires :

Xavier Timbeau Economiste à l'OFCE «Le programme de Royal est volontariste»
Par François WENZ-DUMAS

«Difficile de chiffrer les propositions de Ségolène Royal, comme d'ailleurs celles de Nicolas Sarkozy. Il y a en effet un flou sur la mise en oeuvre, et les curseurs peuvent varier de façon très importante. Si l'on prend la sécurité sociale professionnelle que propose la candidate socialiste, s'il s'agit de garantir 90 % du salaire sans aucun plafond, le coût sera considérable. Alors que si cela reprend l'actuelle assurance chômage, il s'agit du redéploiement d'un prélèvement existant. Son programme, comme celui de Sarkozy, repose sur l'idée que l'on peut générer suffisamment de croissance pour que les ressources budgétaires suivent. On peut penser que c'est irresponsable. Je dirai plutôt que c'est volontariste. Car si l'on part de l'idée que l'on ne peut rien faire tant que l'on n'a pas remis de l'ordre, épongé la dette et réduit les prélèvements, il n'y a pas de projet politique qui tienne. On s'enferme dans le pessimisme et le déclinisme. Mieux vaut se dire que l'on peut changer quelque chose, et que si l'on crée du dynamisme, cela deviendra réalisable. C'est ce qui permet le débat. Les principaux candidats partent du constat que la France est immobile et qu'il faut la remettre en mouvement. La discussion politique peut maintenant porter sur les moyens d'y parvenir. Ségolène Royal privilégie le collectif, face à un Nicolas Sarkozy qui veut favoriser la réussite individuelle. Ils ont un certain nombre de valeurs communes, sur la famille par exemple, ou sur l'éducation, et des visions qui s'opposent sur le travail ou la solidarité.»

Henri Sterdyniak Economiste et professeur à Paris-Dauphine «Le programme de l'UMP est extravagant»
Par Nathalie RAULIN
 
«Le programme économique de Sarkozy est un fourre-tout extravagant. Il promet et la hausse des dépenses publiques et la baisse des prélèvements obligatoires dans des proportions invraisemblables. Les hausses sont légion, à destination de la recherche et l'enseignement supérieur, des retraités ­ revalorisation des petites pensions ­, des familles ­ instauration d'une allocation au premier enfant ­, ou des chômeurs ­hausse promise des plus basses indemnités. Ces promesses représentent un surcroît de dépenses de l'ordre de 37 milliards d'euros, soit deux points de PIB. Les économies proposées pour y faire face, comme le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite ou la lutte contre la fraude aux minima sociaux, apparaissent bien faibles, à peine plus de 6 milliards d'euros. Sarkozy s'engage en même temps sur une baisse massive des prélèvements obligatoires : entre la déduction des intérêts pour l'achat d'un logement, l'exonération des heures supplémentaires, la TVA dans la restauration ramenée à 5,5 %, la baisse des droits de succession, etc., les recettes de l'Etat et des organismes sociaux seraient amputées de 24 milliards d'euros ! En fait d'orthodoxie budgétaire, Sarkozy se propose de creuser le déficit public de 55 milliards d'euros, soit 3 % du PIB ! On voit mal la cohérence économique... Ces dépenses seraient financées par le surcroît de croissance que les baisses d'imposition généreraient. Pour cela, la croissance française devrait être de 5,5 % par an pendant cinq ans. Peu probable. Ce programme libéralo-populiste ne tient guère la route.»
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Jeudi 15 février 2007 4 15 /02 /2007 20:50
Alors que le candidat de l'UMP lancé dans son tourbillon ultralibéral et néo conservateur a annoncé une baisse de 4 points des prélèvements obligatoires, il apparaît aujourd'hui qu'il veut privilégier les baisses d'impôts à tout va, et bien entendu prioritairement pour les plus riches. Or, nous savons que cela que ces baisses entraînerons une perte de plus de 20 milliards d'euros pour les finances de l'Etat. Ainsi, nous, citoyens affirmons que nous consentons à l'impôt. C'est pourquoi nous nous associons à la pétition lancé par le mensuel Alternatives Economiques que nous vous invitons à signer et à diffuser autour de vous en cliquant ici.

Voici l'appel qui est adressé à l'ensemble des contribuables :

Nous, soussignés, assujettis à l’impôt sur le revenu, et pour certains d’entre nous, à l’impôt de solidarité sur la fortune, considérons ces prélèvements comme légitimes et sommes fiers d’apporter ainsi notre contribution aux dépenses publiques nécessaires au progrès, à la cohésion sociale et à la sécurité de la nation. Nous considérons également qu’un impôt progressif sur les successions est le corollaire indispensable des libertés économiques offertes par l’économie de marché. Le marché est facteur de progrès parce qu’il permet à l’esprit d’entreprise de s’exprimer. Mais les inégalités qu’il engendre sont mortifères pour la démocratie si aucune limite n’est mise à la transmission héréditaire de la richesse. Celle-ci doit être acquise par le travail, par le talent, et non par le simple fait d’avoir hérité de ses parents. Une société où le pouvoir économique se transmet par héritage, est une société condamnée à une croissance lente, où les rentiers l’emportent sur les créateurs et où travail et mérite perdent toute valeur.
L’Etat doit bien sûr savoir se réformer. Augmenter les impôts n’est pas une fin en soi et la liberté de chacun passe par la libre disposition d’une large part du fruit de son travail. Mais voir des candidats à la magistrature suprême proposer des mesures démagogiques en matière fiscale et justifier la sécession sociale des plus riches nous consterne. Car nos revenus ne proviennent pas seulement de notre talent personnel. Ils ont été acquis par notre travail, mais celui-ci ne porterait pas ses fruits sans le stock d’infrastructures, d’innovations, de savoir-faire, de goût d’entreprendre, de lien social, qui nous a été transmis par les générations qui nous ont précédés. C’est cet héritage commun qu’il nous revient de préserver et de développer en priorité afin d’assurer la qualité actuelle et future de notre vie individuelle et collective. Ce qui passe par un niveau élevé de dépenses publiques. Ces dépenses ne sont pas seulement un coût, elles sont aussi un investissement, gage à la fois de justice et de dynamisme. C’est pourquoi nous consentons à l’impôt et récusons des baisses de la fiscalité dont la contrepartie serait l’insuffisance des moyens donnés à la protection sociale des plus pauvres, à l’éducation, à la recherche, à la santé, au logement ou encore à l’environnement.
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Samedi 17 février 2007 6 17 /02 /2007 16:57
Voici un excellent billet d'humeur rédigé par notre Camarade Sévrien Pierre Bayle dont vous pouvez consulter les autres articles en cliquant ici.

La polémique sur le chiffrage des propositions des deux principaux candidats aux présidentielles ne reflète pas un véritable clivage droite-gauche : elle est plutôt la manifestation existentielle des "technos" de chaque camp, ce qu'on appelle "les entourages", qui sentent leur échapper la gestion politique d'une campagne non-conformiste aussi bien chez Ségolène que de Sarkozy.

Le fait que la candidate socialiste ait manifesté son irritation d'un chiffrage prématuré par sa propre équipe des cent propositions de Villepinte est parfaitement normal : il ne s'agit pas de présenter une facture mais bien de remettre sur les rails une gestion gouvernementale de l'économie dont la candidate de l'opposition pense qu'elle est catastrophique. Il n'y a donc pas plus de brouille personnelle avec Eric Besson qu'avec Arnaud Montebourg, il y a divergence sur la stratégie opposant une vision défensive, qui souhaitait justifier les chiffres, à une vision offensive bousculant la rationalité d'aujourd'hui en contestant sa légitimité.

De façon symétrique, du reste, Ségolène et Sarkozy font comprendre qu'une partie importante des nouvelles mesures sera financée par la relance de la croissance économique, leur divergence portant sur la façon d'amorcer cette relance : par l'allègement des charges sur l'entreprise pour l'un, par le relèvement des bas revenus pour l'autre.

Mais si ce débat quantitatif occupe une place importante dans les médias, occultant les vrais débats sur l'Europe, sur l'Afrique, sur le monde mutipolaire, pourtant abordés par les deux candidats, c'est que les chroniqueurs eux-mêmes ont partie liée avec les entourages, dans une solidarité entre "technos", entre tous qui savent, par opposition à la masse de tous les autres, ceux qui ne savent pas. De ce point de vue, le "suicide politique" d'Alain Duhamel est moins, quoi qu'il en dise, l'adhésion à un candidat médian et moyen et qui lui serait plus intelligible, que le refus de deux campagnes a-technocratiques sur lesquelles l'analyste traditionnel n'a pas prise faute de savoir les comprendre.

La réalité, c'est que la majorité des électeurs est parfaitement indifférente à ces débats de spécialistes et qu'ils se détermineront en fin de compte sur les valeurs et les principes, pas sur les chiffres. Pour le plus grand désarroi des experts, anciens des cabinets et spécialistes de la haute fonction publique, traditionnellement structurés en écuries prêtes à former les nouveaux cabinets ministériels et qui, pour une fois, sont désemparés de ne pas être les acteurs centraux du débat, à droite comme à gauche.

L'intérêt est ce retour de l'idéologie si généralement condamnée par les "sachants", deux visions qui nous ramènent à l'époque classique où une lecture libérale s'opposait à une lecture marxiste de l'économie. Le marxisme est mort, tué par la fin de la guerre froide et par les hebdomadaires bien-pensants. Il a été rebaptisé anti-libéralisme, faute de mieux, mais il ose à nouveau s'offrir comme clef de compréhension du monde national et international, enfin !

Donc à droite, sur le ring, la vision d'une France de la libre entreprise étouffée par le poids des charges sur l'entreprise et par l'inertie administrative qui tue l'esprit entrepreneurial, par le mammouth du secteur public. On peut se réclamer de Blum et Jaurès mais afficher des propositions plus proches de Mme Parisot et du MEDEF traditionnel que du socialisme, n'est-ce pas Nicolas... Et à gauche sur le même ring, avec des gants rouges comme la veste, la vision d'une France étouffée par un libéralisme dévastateur qui appauvrit le tissu industriel en facilitant les restructurations et fermetures d'usines, le chantage des délocalisations pour maintenir de bas salaire. L'affrontement dialectique est peut-être très classique, mais les rouages de l'économique et du social n'ont en fait guère changé et les clefs d'hier ne sont pas totalement inutiles à ouvrir les portes d'aujourd'hui.

Nulle trace, pourtant, de ce vrai débat idéologique dans la presse quotidienne bien-pensante. On nous parle pas de Foucault ni de Bourdieu, mais des foucades de l'un et des bourdes de l'autre, avec le mépris des experts pour ces parvenus de la politique. Qui se trompe ? Une presse parisienne trop exigeante ou un électorat de plus en plus indifférent au jeu convenu des débats politiques toujours trop organisés ? Le décalage est croissant, frappant, et l'on sent bien, chez ces deux représentants d'une nouvelle façon de faire de la politique, l'intuition que c'est encore dans la rue que se jouera le prochain scrutin, et plus dans les artères d'outre-périphérique que sur les trottoirs parisiens.

Sans aller jusqu'à redouter comme Ségolène de nouvelles flambées de violence dans les banlieues, on peut quand même s'interroger sur le vote de tous ces nouveaux inscrits sur les listes électorales, les votants de la onzième heure dont aucun sondage ne sait ce qu'ils pensent vraiment, mais qui se découvrent nombreux et qui ont envie d'être acteurs à part entière. Et qui n'ont rien à faire de tous les experts. Ce sera la responsabilité du politique de canaliser ces énergies nouvelles en forces constructives et non pas dévastatrices. Un vrai sujet non technique, un vrai débat de fond...

Par Le comité de soutien - Publié dans : Lu/vu dans la presse et sur internet
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Mercredi 14 mars 2007 3 14 /03 /2007 20:56
Voici une tribune publiée dans le quotidien Libération de ce jour.

"Ce que propose Bayrou ferait courir à la France un risque de durcissement de l'extrémisme." Par Jacques Julliard historien et écrivain.

La France est, paraît-il, ce pays de Gaulois querelleurs qui a inventé la distinction gauche-droite et qui est en train de périr de leur stérile opposition. Tel est le credo du nouveau centrisme, aujourd'hui en pleine ascension. La vérité est exactement inverse. Le mythe de l'unité de la nation, hérité à la fois de l'Ancien Régime et de la Révolution, y est extrêmement vivace, tandis que le bipartisme, ou plutôt le couple majorité-opposition, commun à toutes les grandes démocraties, a beaucoup de mal à s'y implanter. Ajoutez que, selon cette mythologie centriste et unanimiste, la bataille des partis ne cache qu'une féroce rivalité pour la conquête du pouvoir et de toutes les prébendes qu'il procure. C'est ainsi qu'au début du siècle on parlait de «l'assiette au beurre» et de la rapacité des «QM» (1). Pierre Poujade, en 1956, voulait jeter à la Seine les «pourris» et appelait à «sortir les sortants». Ce populisme a aujourd'hui trois expressions distinctes : à l'extrême droite, Jean-Marie Le Pen ; à l'extrême gauche, Arlette Laguiller ; au centre, sous une forme plus policée, François Bayrou.
Le discours de François Bayrou se garde bien de tomber dans l'antiparlementarisme ; il repose néanmoins sur l'idée populiste que, si tous les gens du monde voulaient se donner la main, on formerait une chouette équipe de copains qui gouverneraient la France dans le sens de l'intérêt général. Je voudrais pourtant dire ici pourquoi on ne gouverne pas la France comme l'équipe de football du regretté Aimé Jacquet. Le centrisme est à l'univers démocratique contemporain ce que la licorne était au bestiaire médiéval : un animal imaginaire, composite, réputé vierge et censé guérir de tous les poisons.
Nulle part à l'étranger le centrisme n'a réussi à s'imposer comme une formule gouvernementale durable. Les institutions et les coutumes de nos grands voisins reposent toutes sur un système alternatif fondé sur l'existence d'une majorité gouvernementale et d'une opposition stables. Quand le peuple est satisfait de son gouvernement, il le réélit ; quand il en est mécontent, il porte l'opposition au pouvoir. Les choses sont ainsi claires, lisibles et efficaces. L'Angleterre, mère des parlements et du système représentatif, a une telle phobie de toute formule centriste qu'elle est attachée à un système électoral ­ le scrutin uninominal majoritaire à un tour ­ qui élimine toute tentation d'un tiers parti. Quand, cependant, celui-ci finit par s'imposer, il prend la place de l'un des deux grands partis préexistants. C'est ainsi qu'à partir des années 20, et définitivement à partir de 1945, le Parti travailliste, expression des intérêts ouvriers, a pris la place du vieux parti libéral (Whig), qui ne parvient toujours pas à la reconquérir.
Aux Etats-Unis, les tentatives de tiers parti ont toujours échoué. C'est le cas des partis socialistes, restés marginaux, et surtout des partis populistes : celui de William Jennings Bryan en 1896 («Nous ne laisserons pas crucifier l'humanité sur une croix d'or») et, plus récemment, du milliardaire mégalomane Ross Perot (1992) faisant campagne sur la dette et sur le rejet de la politique traditionnelle dans la population.
En Allemagne, enfin, le système de l'alternance majorité-opposition s'accommode de l'existence de petits partis de complément comme les libéraux et les Verts. Ils participent à des coalitions gouvernementales, tantôt avec les socialistes, tantôt avec les démocrates-chrétiens, à l'instar de l'UDSR de François Mitterrand et de René Pleven sous la IVe République. Ce sont des partis charnières. Quand les urnes mettent les deux grands partis à égalité ou que des circonstances exceptionnelles se présentent, on forme en Allemagne une «grande coalition», c'est-à-dire un gouvernement d'union nationale provisoire, forcément provisoire. Mais jamais au grand jamais les libéraux centristes ne constituent le pivot d'une coalition présidentielle et gouvernementale, comme le voudrait François Bayrou.
Car, paradoxalement, le gouvernement par le centre ferait courir à la France le risque de durcissement des conflits et de l'extrémisme. Si, en effet, les Français deviennent mécontents du gouvernement des honnêtes gens, des experts, des compétences que l'on nous fait miroiter, par qui les remplacer ? Mais par les mêmes, bien entendu ! C'est ce que l'on voit dans l'Italie multipartite d'aujourd'hui où Romano Prodi, l'autre homme symbole de François Bayrou, s'apprête à succéder à Romano Prodi, après avoir pratiqué le débauchage individuel de parlementaires du centre. Fâcheuse coïncidence. Ce remplacement du pareil par le même sonne d'ordinaire le glas des démocraties. Car l'immobilisme sécrète fatalement sur les deux ailes du beau vaisseau centriste deux catégories de réprouvés du système qui ne manquent pas d'enfler au même rythme que le mécontentement. Tel fut le tragique destin de la IVe République. La double opposition de deux grands partis hostiles au régime, le Parti communiste à gauche, le RPF du général de Gaulle à droite, obligea à gouverner ensemble les partis résiduels (MRP, radicaux, socialistes), selon la formule de la «troisième force» lancée par Léon Blum dans son discours-programme du 21 novembre 1947. Asphyxiée, incapable de se renouveler, la République pensa en périr. Il fallut le retour en catastrophe du général de Gaulle, en juin 1958, pour sauver la paix civile et les libertés en France, contre le «système des partis». 
En dépit du souffle d'union nationale et de mobilisation pour l'intérêt général qu'il a su insuffler à sa campagne, ce que nous propose en effet François Bayrou, c'est bel et bien le retour au système des partis. Le rétablissement de la proportionnelle dans le pays aux 400 fromages ­ sans parler des fromages gouvernementaux ­ aurait fatalement ce résultat. Le remède gaullien fut assez simple, qui nous valut un demi-siècle de stabilité politique : il se résume à deux lois électorales, l'une qui rétablissait le scrutin majoritaire pour l'élection des députés (1958), l'autre qui instaurait l'élection du président de la République au suffrage universel (1962). Il serait politiquement criminel d'attenter à la partie la plus incontestable et la plus solide de l'héritage gaulliste.
Le centrisme est une mauvaise réponse à une question mal posée. Les difficultés actuelles de la France ne viennent pas d'un fonctionnement défectueux de ses institutions, mais d'une corruption des moeurs politiques et surtout du coma profond de la négociation sociale. Nous avons besoin d'un nouveau contrat civique, pas d'un baiser Lamourette.
(1) Ou des «Quinze Mille», sobriquet attribué alors aux députés pour avoir porté d'un coup, en novembre 1906, de 9 000 à 15 000 francs le montant de leur indemnité parlementaire.
Par Le comité de soutien - Publié dans : Lu/vu dans la presse et sur internet
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